Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/09/2010

_Reflections and refractions_

Reflections and refractions : Essays on science fiction, science and other matters : Robert SILVERBERG : 1997 : Underwood Books : pas d'ISBN : xix+425 pages (pas d'index) : exemplaire hors commerce (ARC, cf. ci-dessous) d'un titre qui existera en HC (1-887424-24-5, 30 USD), HC signé (-23-7, 50 USD) et TP (-22-9, 20 USD).

Reflections and refractions.jpg

Il faut tout d'abord noter que cet exemplaire est un(e) ARC (Advance Reading Copy) c'est à dire un pré tirage de l'ouvrage définitif à destination de l'auteur ou de l'éditeur (pour vérifications) ou de certains critiques. Il n'est donc logiquement pas strictement identique à l'ouvrage tel qu'il sera effectivement diffusé. Ceci étant posé, ce livre se présente comme une sélection des chroniques écrites par Silverberg dans divers magazines de SF (Galileo, Amazing et Isaac Asimov's SF magazine).

Galileo 5.jpg

Ce livre rassemble donc une bonne soixantaine de textes relativement courts (au maximum une demi-douzaine de pages) et qui ont été écrits (si l'on en croit la page des copyrights) entre 1973 et 1997. Il s'ouvre par une préface de Silverberg puis se divise en six parties inégales en nombre d'essais : "Science fiction : Some general thoughts" aborde comme indiqué le genre dans son ensemble; "About science and society" donne dans la vulgarisation et la prospective; "The profession of writing" se concnentre sur le travail d'écrivain; "Colleagues" évoque d'autres acteurs du genre, "Today's world" est constitué de billets d'humeur sur l'état du monde et enfin "A few personnal items" rassemble les habituels inclassables que comporte toujours ce type d'ouvrage. A noter l'absence d'index et des indications de première parution.

IASFM 1977-Fall.jpg

Ce genre de recueil a une tendance assez marquée à plutôt mal vieillir. En effet, des réflexions qui étaient pertinentes sur l'état du monde ou celui du genre dans les années 80 ne le sont plus forcément dans les années 90 (lors de la sortie de ce livre) et le sont encore moins dans les années 2010. Ceci est particulièrement vrai pour certaines parties du livres (la première par exemple) où l'histoire à dépassé ou privé de pertinence le discours de l'auteur.

Le château de Lord Valentin 1 (JL 1985).jpg

Comme souvent avec Silverberg, il manque clairement à ce dernier une véritable vision du genre (ou au moins son expression) qui pourrait transformer un ensemble de textes relativement léger en un véritable témoignage historique sur la SF et son évolution. C'est toujours plaisant à lire mais c'est rapidement oublié. De plus, certains défauts de cet exemplaire (défauts qui sont peut-être corrigé dans la version définitive) comme l'absence d'index ou les difficultés à "placer" chronologiquement tel ou tel texte (aucune information n'est fournie) condamnent cet ouvrage à n'être lu qu'une seule fois d'autant que les textes qui le composent se trouvent bien sûr dans leurs revues d'origine ou ont été réutilisés par l'auteur dans d'autres livres comme son Other spaces, other times.

Other spaces,other times.jpg

Note GHOR : 1 étoile

01/09/2010

_Reading by starlight : Postmodern science fiction_

Reading by starlight : Postmodern science fiction : Damien BRODERICK : 1995 : Routledge : ISBN-10 0-415-09789-4 : 197 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 17 USD pour un TP non illustré.

Reading by starlight.jpg

Damien Broderick est un universitaire australien (même s'il réside aux Etats-Unis) qui a occupé de nombreuses fonctions dans le genre. Commençant par le fanzinat, il a été éditeur, anthologiste, essayiste, auteur de textes sur la science, écrivain de SF (il revient d'ailleurs sur le devant de la scène avec des nouvelles et sa duologie Godplayers & K-Machines) et bien sûr auteur d'ouvrages de référence (comme x, y, z, t: Dimensions of Science Fiction). Ce livre est une réflexion sur les rapports entre postmodernisme et SF qui s'appuie particulièrement sur l'oeuvre de Samuel Delany qui est pour Broderick l'exemple type de cette fusion.

Godplayers (Thunder's mouth 2005).jpg

L'ouvrage est divisé en deux parties. La première ("Modern science fiction"), qui comporte sept chapitres, est une sorte d'histoire du genre qui commence dans les années 30 et s'arrête avec le cyberpunk. La seconde ("Postmodern science fiction" sur cinq chapitres) cherche au sein du genre des exemples de SF présentant une sensibilité postmoderne et la trouve dans plusieurs romans de Delany (The Einstein intersection et Stars in my pocket like grains of sand) qui sont analysés en détail. A noter qu'une partie non négligeable de ces chapitres ont été pré-publiées sous une forme modifiée dans diverses revues d'étude sur le genre. L'ouvrage se termine par plusieurs pages de notes, une volumineuse bibliographie générale et un index.

K-machines (Thunder's mouth 2006).jpg

Pour être franc, j'avoue n'avoir que très moyennement apprécié ce livre malgré l'érudition dont il fait preuve. Sans doute parce que le concept même de postmodernisme, tel que développé (ou expliqué) par Briderick me paraît globalement assez fumeux ou en tout tellement imprécis qu'il peut s'appliquer de façon sélective à peu près n'importe quel texte de SF du fait qu'elle est un genre essentiellement référentiel et donc une littérature particulièrement consciente d'elle-même.

L'intersection Einstein (OPTA 1977).jpg

Relativement "léger" en volume (il y a au plus 150 pages de texte) mais paradoxalement plombé par un style particulièrement lourd et abusant du jargon à la mode à l'époque, ce livre est un peu un pensum à lire. Entre le "name-dropping" intense, les redites de Delany (sur les protocoles de lecture propres au genre) et encore et encore du Delany à toutes les sauces (en fiction cette fois), l'ambiance est un peu étouffante. Sans doute n'ai-je simplement pas le bagage nécessaire pour apprécier pleinement le travail de Broderick.

The towers of Toron (Ace Double F-261).jpg

Note GHOR : 1 étoile

25/08/2010

_Ray Bradbury_ (Touponce)

Ray Bradbury : William F. TOUPONCE : 1989 : Starmont House (Starmont reader's guide #31) : iv+110 pages (y compris bibliographies & index) : ISBN-10 0-930261-22-4 : coûtait 10 USD pour un TP non illustré qui existe aussi en HC (-23-2).

Ray Bradbury (Starmont).jpg

Cet ouvrage fait donc partie de la longue série des guides publiés par Starmont qui couvrent la plupart des auteurs de F&SF importants (de Aldiss à Wyndham). L'objet de cet opus est Ray Bradbury, un des rares auteurs de SF qui a réussi à obtenir une certaine reconnaissance littéraire (au prix d'un éloignement du genre). Il arrive assez tardivement dans la carrière d'un auteur qui a accusé une sorte de creux dans les années 80 avec peu de nouveaux textes publiés.

Fahrenheit 451 (Denoel 1983).jpg

Ce livre commence par une chronologie (comme le veut l'usage dans cette série) et se poursuit par une dizaine de chapitres d'une quinzaine de pages chacun. Dans un ordre chronologique de parution, chacun d'entre eux aborde principalement une seule oeuvre (de The martian chronicles à The Halloween tree) sauf le premier (une partie critique globale) et le dernier qui est consacré aux nouvelles. On trouve ensuite deux bibliographies annotées : primaire (avec résumé des intrigues) et secondaire (celle-ci étant en plus sélectionnée). Un index termine l'ensemble.

Celui qui attend (Librio 1999).jpg

Comme il est visible dans les annotations de la bibliographie primaire, une grande partie de ce livre est uniquement consacré à une paraphrase des intrigues. Cela peut certes être intéressant (en évitant d'avoir à lire l'oeuvre évoquée) mais le côté un peu trop systématique du procédé le rend un peu pénible comme dans le chapitre sur Fahrenheit 451 où quasiment la moitié du texte nous (re)raconte ce qui arrive à Montag.

A l'ouest d'octobre (Denoel 1989).jpg

Si l'on ajoute à cela le fait que Touponce manifeste un tendance assez nette à partir dans de grandes théories avec force référence à des grands penseurs (Nietzsche, Freud, Derrida, Deleuze, Todorov), sûrement très savantes mais pas vraiment passionnantes, on obtient au final un livre difficilement sympathique, surtout quand on le met en rapport avec son prix plutôt élevé pour la quantité de matière (à peine cent pages) et de travail qu'il semble contenir.

Chroniques martiennes (1000 soleils 1976).jpg

Note GHOR : 1 étoile

17/08/2010

_The profession of science fiction_

The profession of science fiction : SF Writers on their craft and ideas : Maxim JAKUBOWSKI & Edward JAMES (editors) : 1992 : MacMillan (série "Insights") : ISBN-10 0-333-52482-9 : xi+208 pages (y compris index) : coûtait 13 GBP pour un TP non illustré, existe aussi en HC (-52481-0).

The profession of science fiction.jpg

Depuis ses débuts (en 1972), Foundation, la revue britannique d'étude sur la Science Fiction, a pour habitude régulière de demander à des auteurs des articles en rapport avec leur profession mais sans règle précise et en abordant les sujets qu'ils voulaient. A l'époque de la publication de cet ouvrage, une quarantaine de ces articles existaient, il a donc été décidé d'en sélectionner une partie afin de les réunir dans un livre de façon plus permanente.

Foundation 37.jpg

Sous la direction de Jakubowski et James (rédacteur en chef du magazine) qui ont co-écrit l'introduction (elle brosse un très bref historique du genre), cet ouvrage rassemble donc 16 textes de la série "The profession of science fiction" qui font chacun une petite dizaine de pages en moyenne, certains étant plus prolixes que d'autres, le champion étant Ballard. Ils sont ici classés sans ordre identifiable, le livre commençant par un texte de Williamson datant de 1982 et se terminant par celui de Richard Grant (1990). Au sommaire on trouve un peu de tout, des grands anciens (Williamson, Blish), des nouveaux (à l'époque comme Brin ou Jones), des stars (Le Guin, Ballard) et des purs britanniques (Cowper, Compton). Un index clôture cet ouvrage dont on remarquera que certains des textes ont été traduits dans la revue Bifrost.

Bifrost 37.jpg

Il n'y a pas grand chose de général à dire de cet ouvrage dont le propos ne semble pas très clair. Ce n'est pas un guide technique d'apprentissage de l'écriture comme il en existe pas mal, ce n'est pas non plus un recueil de souvenirs mais c'est un assemblage d'essais qui se situent un peu entre ces deux catégories. Du coup, comme l'on a affaire à des vrais professionnels, cela se laisse bien sûr lire sans déplaisir d'autant que certains textes ont une approche assez humoristique.

Foundation 41.jpg

C'est au final un recueil d'une lecture plutôt agréable qui permet aux auteurs de dévoiler certaines de facettes de leur métier. Du coup c'est probablement intéressant pour des écrivains en devenir ou des spécialistes de l'étude du processus créatif, mais j'avoue que l'ensemble m'a paru relativement léger et sans grand intérêt du point de vue de l'analyse du genre.

Foundation 76.jpg

Note GHOR : 1 étoile

16/08/2010

_Pourquoi j'ai tué Jules Verne_

Pourquoi j'ai tué Jules Verne : La Science-Fiction française : Bernard BLANC : 1978 : Stock2 (collection "Dire") : ISBN-10 2-234-00677-5 : 357 pages (pas d'index) : coûtait quelques francs pour un TP étroit et non illustré.

Pourquoi j'ai tué Jules Verne.jpg

Cet ouvrage est assez célèbre dans le milieu de la SFF (SF Française/Francophone). Ecrit par Bernard Blanc, auteur et anthologiste emblématique de la NSFFP (nouvelle science-fiction française politique) un mouvement de la fin des années 70 qui voulait infuser une plus grande conscience politique dans un genre perçu comme étant plutôt marqué par une idéologie réactionnaire telle que par exemple celle (généralement) véhiculée par la collection Fleuve Noir Anticipation. Ce livre est donc une sorte de manifeste de ce mouvement organisé autour de l'idée de l'assassinant uchronique de Jules Verne, seul évènement susceptible de modifier le cours de l'histoire du genre.

1973 et la suite (FN 1973).jpg

Déjà par sa structure, il est clair que nous n'avons pas affaire ici à un ouvrage de référence classique. Divisé en 21 chapitres il alterne plusieurs types de textes. On va trouver des courtes fictions (y compris d'autres auteurs que Blanc), des critiques de livres (d'écrivains français), des interviews (Michel Jeury), des transcriptions de tables rondes, des textes thématiques (sur la SF à l'école par exemple) et même un quiz. Par contre, et d'une façon assez logique, on n'a pas droit  pas à un index ou à une bibliographie.

Aux étoiles du destin (RF 1960).jpg

Comme indiqué, cet ouvrage est plus un pamphlet qu'une réflexion structurée menée sur le genre. Malgré son côté parfois un peu trop militant, il ne faudrait pas croire que l'analyse de Blanc est complètement fausse. Elle est certes à charge pour une certaine partie des auteurs attaqués mais elle s'appuie sur des bases objectives (les citations extraites de titres parus au FNA sont assez savoureuses). Même si les cibles sont parfois faciles (Bessière, Murcie, Heinlein), tout n'était (et n'est encore de nos jours) pas toujours rose dans le monde de la SF.

Aujourd'hui, demain et après (Denoel 1971).jpg

Il est vrai qu'il faut reconnaître que l'histoire a donné en quelque sorte tort au mouvement "Ici & Maintenant" puisqu'il disparaîtra du paysage SF au début des années 80 avec l'ensemble de ses supports habituels. Le côté un peu strident d'un tel manifeste malgré des idéaux parfaitement nobles n'a sans doute pas dû faciliter les choses pour un projet dont, au fond, on peut se demander s'il faisait encore partie du champ de la Science-Fiction.

Scènes de guerre civile (OPTA 1982).jpg

Note GHOR : 1 étoile